-Mardi 20 / Mercredi 21 / Jeudi 22 Juillet
Il est 18 heures lundi soir quand Manu me dit: demain on y va! Un peu surpris par cette exclamation spontanée. Je reflechis un moment et me dis que c'est le bon moment. On est donc parti acheter ce qu'il nous manquait pour préparer tout notre attirails.
Après une nuit un peut agitée et un gros petit déjeuné, nous sommes montés dans un taxi pour une destination où il n'y avait absolument rien sauf une route et une petite ferme. Voilà nous sommes partis avec notre sac sur le dos pour 3 jours initialement prévus...en ski. Et oui on avait omis un petit point, la vallée que l'on s'apprêtait à remonter n'est qu'à 140m d'altitude sur 10Km. Et 2 jours avant, il avait plu toute la nuit, résultat, plus de neige.
On a donc marché sur la toundra gelée durant 9 Km, avec un sac alourdit par les skis. Même s'il est marqué sur la carte, dans cette vallée il n'y a pas de chemin. En effet, sur la carte que nous avons, il est mentionné que les informations sur la carte peuvent être inexacte). Nous avons été soulagés lorsque nous avons put chausser les skis mais malheureusement ce fut seulement sur 1km. Après avoir parcourue une centaine de barrages de castors nous aidant à traverser les rivières, nous sommes arrivés au pied d'une autre petite vallée dans laquelle on souhaitait dormir (au fond gauche sur la photo à ski). En dehors des forets les castors nous ont aidé, mais une fois dedans c'est une autre affaire.
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Pour arriver là où je voulais dormir il nous restait 6km de forêt à monter en enjambant les milliers d'arbres morts abattus par les castors. Les arbres morts associer aux buissons et au pente pleine de neige on avancait guère vite. Ainsi après 8h20 de marche nous avons monté la tente dans un de ces fameux barrage (asséché) à encore 3km du point voulue.
Quel soulagement quand on a put enfin poser ce sac terriblement lourd et quitter nos chaussures et chaussettes totalement détrempées. Une fois changé je me suis affairé a faire chauffer de l'eau pour faire un thé bien chaud, ainsi qu'une soupe et du couscous. Il subsisté deux problèmes, le premier et qu'il fallait garder la bombonne de gaz chaude pour ne pas qu'elle gèle et l'autre était que l'on avait oublié de prendre des couverts.
La nuit fut assez fraîche est surtout très humide, dans ce pays tout est humide et avec le froid, ça condense. Dans la nuit toutes nos affaires ont gelé, au réveil il faisait 0°C dans la tente. Après un petit déjeuné constitué de pain et d'un bol de thé nous nous sommes remis en route sous un magnifique levé du jour.
Pour partir de notre plateau on a dut grimper un petit ressaut plein de mousse, une sorte de lichen que je n'avait jamais vue. Ceci n'était pas très évidant, j'avais pourtant bien regardé sur notre carte ce ressaut était absent. En effet sur notre carte les courbes de niveau ne sont que tous les 40m donc il peut avoir des falaises de 30m entourées de grands plateaux et en regardant la carte tu crois que tout est presque plat. Je me suis fait piégé plusieurs fois de cette manière.
Après avoir franchit cette obstacle on a put mettre les skis pour remonter une magnifique combe qui allait nous mener droit à notre objectif. C'était la première fois que j'avais le sentiment de me retrouver totalement coupé de la civilisation. La haut, la seul trace de vie humaine que j'ai put voire c'est un avion qui allait se poser à Ushuaia. Sinon tout est intacte, nous étions seuls. Avec le froid tout me semblait figé mise à part les nuages et les quelques oiseaux qui passaient.
Une fois passé les derniers arcosses, il n'y avait plus aucune trace des castors qui sont les seuls animaux à vivre dans la forêt. Maintenant, je pouvais voir le sommet de la montagne, c'est dans ce moment là que tu t'aperçois que le moral joue beaucoup. En effet, lorsque j'ai vu le glacier tout la haut, je me suis trouvé comme propulsé par une force mystérieuse. Fini la boue, fini la foret dense, fini les galères, tout était simple le chemin était tout tracé il suffisait de monter tout droit jusqu'en haut.
Une fois en haut tu peux enfin prendre vraiment le temps de contempler même si le vent est glacial. Il y a juste à regarder.
Au moment où nous sommes repartis de ce magnifique col on ne pouvait pas imaginer que après une petite descente de un quart d'heure nous allions encore gallèrer pendant quatre heures dans la forêt. Cette fois si on descendait dans des petits goulés raides qui étaient entrecoupés d'immenses lacs glaciaires. Pour savoir quel était le bon nous avons adopté un nouveau dicton: "suis la trace du castor et elle te mènera là où tu voudras". Ainsi nous avons réussi à avancer assez vite jusqu'à un ancien lac de castor.
On a donc planté notre tente à 10km de Ushuaia. Ce soir là, il nous est arrivé une petite mésaventure. Lorsque nous étions en train de faire fondre la neige pour manger et boire, notre réchaud est tombé en panne, plus de gaz. On avait juste assez d'eau pour remplir une gourde pour le lendemain et faire cuire un peu de couscous.
On a encore passé une nuit assez froide dans l'humidité, puis tôt le matin, de nuit, on est reparti pour rentrer sur Ushuaia en mangeant de la neige et nos dernières barres de céréales. Après une heure de marche nous sommes enfin tombés sur une trace d'homme qui suivait une sorte de chemin entre des arbres coupés. Comme il restait de la neige on a put chaussé les skis pendant environ trois heures pour se retrouver sur un immense plateau semblable à la vallée du premier jour. Au bout du plateau, nous avons aperçu de la fumée s'échapper d'une maisonnette, on pensait être sauvé et pouvoir appeler un taxi. Mais lorsque nous sommes arrivés, l'homme nous a tout simplement dit qu'il n'avait pas le telephone. On est donc reparti a pied sur un chemin de terre entouré de cabane comme on fait dans les bois chez nous, à la simple différence, c'est que ici des personnes vivent dedans. Après 5 heures de marche depuis le petit matin, un 4x4 nous a pris en stop dans sa beine et nous a déposé a destination.
Conclusion de se périple, je ne veux plus voir de forêt pendant au moins 2 semaines et j'attendrai la neige pour refaire un tour de la sorte.